Stéphane LODI

2 CATEGORIES :
les moteurs à lanceur(tirette,démarrage électrique)
les moteurs à démarrage classique(par le volant-moteur)

En règle générale les moteurs à lanceur sont plus faciles à démarrer lorsqu’ils sont neufs par rapport à leurs homologues classiques.
Pourquoi ?
Simplement parce que l’ajustage des pièces internes du moteur est plus libre,ce qui facilite la mise en route par une tirette ou un démarreur intégré électrique.

La procédure qui va suivre s’entend « moteur monté sur la voiture et voiture posée sur un banc de démarrage ».

RODAGE :
Je vais vous décrire la procédure de rodage pour un moteur classique car c’est le plus difficile.
Le carburant utilisé pourra être sans problème le même pour le rodage et pour l’utilisation normale.

  • En principe les vis de réglage du carburateur sont préréglées en usine pour le rodage.
    D ébrancher la durit de pressurisation sur le pot d’échappement ,puis souffler dans celle-ci pour « pousser » le carburant jusqu’au moteur.
  • Désserrer la bougie « surtout si le moteur est très dur à tourner à la main »
  • Appliquer le chauffe-bougie et tenter de démarrer le moteur.
  • Si le moteur démarre de suite,le laisser chauffer quelques secondes au ralenti ou bien en gardant un ralenti accéléré avec le chauffe-bougie toujours branché.
  • Enlever le chauffe bougie et resserrer la bougie. Laisser le moteur sur un régime de ralenti accéléré en surveillant la température. Si vous possédez une sonde de température,s’assurer que celle-ci ne dépasse pas les 95 ° environ. Sans sonde, déposez un peu de salive sur la culasse,celle-ci ne doit pas s’évaporer En cas de chauffe, arrêter le moteur, dévisser la vis du pointeau principal(richesse)et redémarrer.

Continuer ainsi pendant trois réservoirs complets.
Ensuite,le rodage va se poursuivre sur la piste en gardant un réglage riche(moteur qui fume et qui ne prend pas beaucoup de régime).
On va affiner les réglages au fur et à mesure des réservoirs consommés.

Quand le moteur est-il roder ?
Tout simplement quand, à froid, on peut tourner le moteur par le volant-moteur sans sentir un phénomène de coincement au point mort haut. On doit juste sentir une résistance « élastique » due à la compression. On pourra désormais régler le moteur parfaitement en gardant à l’esprit qu’un moteur réglé un petit peu plus riche vivra plus longtemps qu’un moteur pauvre.

Problème le plus fréquent rencontré lors du démarrage d’un moteur neuf.

Le moteur se coince au démarrage.(normal car l’ajustage des pièces est très serré.)

Utiliser dans ce cas précis un tournevis assez large et décoincer le moteur en appliquant le tournevis sur le volant moteur.

CONSEIL NO 1
Après avoir rodé un moteur »dur » il est fortement conseillé de contrôler le jeu de la bielle et de la remplacer si celle-ci a pris du jeu.
CONSEIL NO 2
En cas de doute,ne pas hésiter à demander de l’aide d’une personne bien habituée car il est dommage d’abîmer de si belles mécaniques.

David AYACHE

Objet : le rodage à l’hélice

Jean-Pierre,

Je profite du temps qu’il me reste durant mes voyages donc dans les aéroports ou les avions pour te résumer en quelques lignes, la façon dont je prépare mes moteurs à une longue et intensive utilisation en course.

Avant toute chose, je procède généralement au démontage de mon moteur, démontage complet, y compris le roulement avant.Vous devez vous dire, mais il est fou ce David, il a du temps à perdre !!!
Eh bien pas du tout !Je place tout ce petit monde à l’intérieur d’un filtre à café papier et je l’arrose abondamment de pétrole à lamper, dans l’unique but de ne pas laisser à l’intérieur du moteur des petits résidus d’usinage qui pourraient à la longue endommager le moteur.
Une fois cette opération effectuée, je remonte tout çà avec de l’After Run Labema.

Le moteur est donc maintenant prêt pour le rodage. Vous remarquerez que je ne rajoute pas de joint de décompression pour le rodage, j’ai une autre astuce qui permet de ne pas trop faire forcer les équipages mobiles….

Personnellement j’effectue mes rodages à l’hélice, et ce pour plusieurs raisons. Bien sur çà n’engage que moi, et je n’ai pas la prétention de dire que ma méthode est la meilleure mais elle a au moins le mérite d’être explicitée en détail ci-après !
Donc ces raisons sont :

  1. un contrôle permanent de la température (entre 95 et 105°C)
  2. ajustement possible de la richesse pendant que le moteur fonctionne (dans le but de maintenir une température de fonctionnement constante.
  3. Possibilité de le faire chez soi (à l’extérieur bien sur) et sous réserve de ne pas avoir des voisins trop proches ! En effet le bruit prodigué par l’hélice à haut régime est à la limite du supportable sans protection auditive. Je conseille donc vivement d’en utiliser.
  4. Non détérioration du banc de démarrage à chaque run !
  5. Possibilité d’enchainer les pleins
  6. Méthode qui nécessite moins de carburant, si c’est bien fait !

1er étape : montage au banc :

Personnellement, j’utilise un banc du commerce, mais il est très facile de s’en confectionner un, il faut juste choisir la bonne hélice et bien soigner le système d’arrimage pour ne pas que notre moteur aille faire…..un petit tour dans les airs !!!

Je masque le radiateur moteur avec du scotch alu ou un ballon de baudruche de façon à ce que le moteur puisse chauffer, le laisser tourner trop froid l’endommagerait très rapidement.

Ma philosophie du rodage :
Avant rodage l’ensemble chemise piston (qui est légèrement conique) n’est pas parfaitement appairé. Il convient donc de faire en sorte que le piston coulisse librement (avec un minimum de frottement) dans la chemise mais c’est là le point important, à sa température optimale de fonctionnement (entre 105 et 125°C).
Donc pour moi le moteur est parfaitement rodé quand :

  1. le piston bloque légèrement au point mort haut à froid (en chauffant, çà va se dilater mais en assurant toujours l’étanchéité). Si çà ne bloque plus à froid, çà veut dire qu’à chaud il y aura des fuites entre le piston et la chemise !
  2. A chaud, plus de point dur, et bonne étanchéité : en tenant le moteur par le volant et en le laissant comprimer par son propre poids, il doit mettre plusieurs secondes à passer le point mort haut. A froid, il ne doit même par passer !

Ceci étant dit, vous avez bien compris pourquoi j’attache de l’importance à la température en phase de rodage : surtout pas trop basse !!! On endommage rapidement un moteur s’il n’est pas assez chaud et donc pas assez dilaté.
Le gros piège est de rouler trop gras sur la piste, et en plus on ne contrôle pas bien la température, c’est pour çà que j’ai choisi l’hélice. Avec l’arrivée de la télémétrie et la mesure de la température embarquée, je changerai peut-être d’avis si….c’est précis !

Avant le premier démarrage et avant chaque démarrage à partir de maintenant, je chauffe le moteur à l’aide d’un sèche-cheveux jusqu’à atteindre une température de 50 à 60°C.
Avant le premier démarrage, je fais quand même quelques tours d’hélice à la main pour vérifier qu’il n’y a pas de problème, de point dur.
Voilà, le moteur est prêt pour le démarrage.

2ième étape : le rodage

Premier démarrage (rien d’extraordinaire mais toujours un peu émouvant quand on l’entend pour la première fois) qui se passe en principe bien avec les réglages d’origine.
Petite précision : j’utilise pour le rodage le carburant final, à savoir du M27Evo, et s’il fait froid dehors j’utilise exceptionnellement du M19.
Je laisse donc tourner le moteur pendant un plein complet au ralenti en surveillant la température. Le moteur est généralement très gras, mais je fais çà qu’un plein.

Ensuite j’enchaîne deux ou trois pleins au ralenti et ou je vais maintenant mettre le moteur à une température plus proche de son niveau nominal de fonctionnement. Je suis donc généralement amené à fermer un peu la reprise pour « appauvrir » le mélange air/carburant pour amener mon moteur autour de 75/80°C.
Entre chaque plein je laisse refroidir le moteur jusqu’à 40°C minimum puis je le redémarre (en ayant pris soin de le chauffer au sèche cheveu). Je lui impose donc des cycles thermiques (montée en température, descente).

Après ces quelques pleins, je lui apprends progressivement à prendre des tour. Je place donc le carburateur à 20% d’ouverture (attention il faut rouvrir la reprise pour ne pas trop chauffer !) et je laisse tourner. J’arrive à ce moment à enfin atteindre mes 95° 100°C, ouf !
Quelques pleins comme çà puis je passe à 35% d’ouverture puis 50%, jusqu’à 75%.
A 75% d’ouverture, il faut maintenant jouer sur le pointeau principal, çà commence à faire un sacré bruit (essentiellement aérodynamique) et la sensibilité du réglage sur la température est très grande, il faut faire très attention et la surveiller de près. Un de ces quatre je vais me bricoler une petite carte de servitude qui relèvera la température via un thermocouple et qui m’avertira dès que la température sera hors plage (trop basse ou trop haute !).

Voilà après une bonne douzaine de pleins, le rodage est terminé.
Je procède au démontage moteur, pour voir s’il n’y a rien d’anormal, je change la bougie et place à la piste !!!!

3ième étape : passage en piste.

Généralement, le moteur coince encore un peu et il faut le finir sur la piste avec un réglage très très légèrement gras.

Bien cordialement.

David AYACHE.

Informations complémentaires :

Activité :Voiture :
Type de moteur : 2T ABC
Choix du type de moteur : Base Novarossi 5trs
Rodage du moteur : à l’hélice
Entretien du moteur, du pot d’échappement : bulgom alu
Ouverture du moteur : toutes les deux courses
Nettoyage du moteur : toutes les 4 courses
Remontage du moteur : à l’after run labema

Patrick et Marie Roussillon

En ce qui concerne notre discipline :
Activité : Voiture 1/8 éme TT 4×2
Type de moteur : 2T ABC
Choix du type de moteur : souplesse (pour une utilisation en 4×2) , bonnes performances ,
faible consommation et surtout fiabilité
Réception du moteur : ouverture du bouchon de carter et démontage de la culasse

Rodage du moteur :

1 plein au ralenti en statique + 4 pleins (1/2 litre ) gras en roulant sans accélérer + 4 pleins en refermant progressivement la richesse et la reprise et en augmentant la vitesse , pendant toute la durée du rodage : contrôles fréquents de la température